Il y a quelques années, quand je vivais encore avec les douleurs de la spondylarthrite, je me surprenais à enchaîner les thrillers et les faits divers en fin de journée. C’était mon moment à moi, mon petit shoot d’adrénaline après une journée bien remplie. Et pourtant… je me réveillais plus fatiguée, plus tendue, le sommeil haché, les douleurs un peu plus présentes.
Aujourd’hui, je suis en rémission depuis bientôt 8 ans. Je n’ai plus de douleurs, mais je reste très attentive à ce qui peut surstimuler mon système nerveux. Parce que je sais à quel point certaines habitudes apparemment anodines peuvent alimenter l’inflammation et fatiguer le corps sur le long terme.
En y regardant de plus près, j’ai compris que ce type d’activité n’était pas neutre. Qu’elle contribuait à stimuler une hormone bien connue : le cortisol.
Quand on vit avec une maladie auto-immune, ce genre de détail n’en est plus un. Parce que tout ce qui alimente l’inflammation ou épuise les surrénales finit par nous coûter cher.
Aujourd’hui, je t’explique pourquoi certaines de tes habitudes te fatiguent plus qu’elles ne t’aident, et comment tu peux en sortir sans frustration. Spoiler : tu n’as pas besoin de tout arrêter pour aller mieux.
Le cortisol : utile, mais pas à haute dose
Le cortisol, c’est cette hormone produite par les glandes surrénales pour nous aider à faire face au stress. Elle est essentielle pour notre équilibre : elle régule la glycémie, soutient le système immunitaire, gère les réactions inflammatoires ponctuelles, et nous permet de nous adapter aux situations d’urgence.
Mais le problème, c’est quand cette réaction d’urgence devient… la norme. Quand le cortisol est sécrété de manière chronique, ton corps ne se repose plus. Il reste en mode « alerte rouge », même quand il n’y a pas de danger réel. Et c’est là que les ennuis commencent.
Chez les personnes qui vivent avec une maladie auto-immune, cette surproduction de cortisol peut avoir des effets en cascade :
- Elle favorise l’inflammation chronique, qui est déjà présente dans ces pathologies.
- Elle épuise les glandes surrénales, ce qui perturbe la production d’autres hormones (thyroïde, hormones sexuelles…)
- Elle perturbe le sommeil, notamment en déclenchant des réveils nocturnes entre 2h et 4h du matin (le pic du cortisol désynchronisé)
- Elle ralentit la digestion et accentue les troubles digestifs : ballonnements, acidité, maux d’estomac, etc.
- Elle freine la régénération cellulaire, donc la réparation naturelle du corps
Bref, trop de cortisol entretient un cercle vicieux : tu te sens fatigué·e, mais tu fais appel à lui pour tenir… ce qui t’épuise encore plus.
Ces activités qui boostent ton cortisol (et auxquelles tu ne penses pas)
Certaines habitudes du quotidien peuvent sembler anodines, voire bénéfiques à première vue. Pourtant, elles sollicitent ton organisme de façon répétée et entretiennent un état de stress chronique. Résultat : ton corps sécrète du cortisol en continu, ce qui l’épuise petit à petit.
Voici une liste d’activités qui peuvent surstimuler ton cortisol :
- Le café, surtout consommé plusieurs fois par jour ou après 14h. Il donne un coup de fouet… mais sur le long terme, il te vide.
- Le sport intensif : HIIT, CrossFit, running à haute intensité… Ces pratiques sont excellentes pour certaines personnes, mais pas quand ton corps est déjà en lutte.
- Les douches froides : très en vogue, elles peuvent être bénéfiques si ton système nerveux est solide. Mais quand tu es déjà épuisée, c’est une stimulation de plus que ton corps n’arrive pas à gérer.
- Les films d’horreur, thrillers, faits divers : ils activent ton système de stress, même si tu es confortablement assise dans ton canapé.
- Le scroll infini sur les réseaux ou les actualités anxiogènes : ton cerveau est bombardé d’informations, ton système nerveux est en veille permanente.
- Le multitâche permanent, l’hyperproductivité, le « je dois tout gérer » : autant de sources de pression qui stimulent en continu ton cortisol sans même que tu t’en rendes compte.
Je te partage ça parce que je l’ai vécu moi-même. J’ai longtemps carburé au café, au sport intense, à cette sensation d’être « efficace ». Et j’adorais les thrillers et les faits divers. Mais j’ai fini par comprendre que tout cela avait un prix : ma fatigue, mes réveils nocturnes, mon brouillard mental.
Comment savoir si ton corps est en surcharge de cortisol ?
Tu n’as pas besoin d’un test salivaire ou d’un bilan hormonal pour avoir un premier indice. Ton corps est un messager puissant, et il te parle déjà chaque jour. Encore faut-il l’écouter…
Voici les signaux les plus courants que ton système est probablement en surchauffe :
- Tu te réveilles fatiguée, même après une nuit complète. Tu as l’impression de ne jamais vraiment récupérer. Tu te lèves déjà avec une énergie à zéro, comme si tu avais à peine dormi.
- Tu te réveilles régulièrement entre 2h et 4h du matin. Ce créneau est typique d’un déséquilibre du cortisol. C’est souvent à ce moment-là que le pic hormonal est censé remonter pour te préparer au réveil… sauf qu’il s’enclenche trop tôt.
- Tu as besoin de café ou de sucre pour fonctionner. Ton énergie dépend d’un stimulant. Si tu sautes le café du matin, tu te sens à plat. Et tu as régulièrement des fringales sucrées dans l’après-midi pour tenir.
- Tu as du mal à « décrocher ». Ton esprit est toujours en activité : pensées en boucle, difficultés à te poser, sensation de stress ou d’urgence constante, même quand rien ne presse.
- Tu es facilement irritable, émotive ou à fleur de peau. Ta patience est limitée, tu te sens souvent débordée émotionnellement.
- Tu alternes entre coups de pompe et pics d’énergie. Tu es en mode montagnes russes : à fond, puis à plat. Ton énergie n’est pas stable sur la journée.
- Tu ressens un brouillard mental. Difficultés à te concentrer, à prendre des décisions simples, à organiser tes idées.
Si tu te reconnais dans plusieurs de ces signes, ce n’est pas que tu manques de volonté ou que tu es « faible »… c’est que ton corps t’envoie un signal. Il est temps de l’écouter.
Et bonne nouvelle : il existe des façons douces de sortir de ce cercle vicieux.
Quelles alternatives pour te recharger (sans t’épuiser)
Bonne nouvelle : tu n’as pas besoin de tout arrêter du jour au lendemain. Ce que je te propose ici, c’est un rééquilibrage. Remplacer petit à petit ce qui vide ton énergie par des habitudes qui la nourrissent réellement.
Voici quelques idées concrètes pour t’aider à réguler ton cortisol sans t’imposer de contraintes irréalistes :
- Remplace une séance de sport intense par une marche douce en pleine nature. Même 15 à 30 minutes suffisent pour apaiser ton système nerveux, faire baisser ton taux de cortisol, et relancer ta vitalité.
- Essaie le yoga doux, le stretching, le Pilates. Ces pratiques t’aident à relâcher les tensions sans surstimuler ton système. C’est une vraie pause pour ton mental et pour ton corps.
- Privilégie des lectures ou films captivants mais apaisants. Garde le frisson pour les périodes où tu as plus d’énergie. En attendant, les romans feel-good, les séries légères peuvent t’apporter de la détente sans déclencher de pic d’adrénaline.
- Offre-toi des temps sans écran. Mets ton téléphone en mode avion le soir, désactive les notifications, garde des moments pour simplement respirer, écrire ou savourer le calme.
- Pratique la respiration profonde ou la cohérence cardiaque. 5 minutes, 3 fois par jour, peuvent suffire à faire baisser ton cortisol et te remettre dans un état de calme. Il existe plein d’applis pour t’aider à démarrer.
- Offre-toi des bains chauds aux sels d’Epsom. Le magnésium contenu dans ces sels est parfait pour détendre les muscles, améliorer le sommeil et calmer le système nerveux.
- Et pour le café ? Teste le matcha (riche en L-théanine, plus doux pour les surrénales), la chicorée, le rooibos, ou même une infusion d’eau chaude + citron + pincée de sel le matin. Tu seras surpris·e de constater à quel point ton corps peut s’adapter rapidement à ces alternatives.
Rappelle-toi : chaque petit ajustement compte. Pas besoin d’un grand bouleversement. L’idée, c’est de ramener plus de douceur dans ton quotidien, et de permettre à ton corps de souffler un peu.
En résumé : l’objectif, ce n’est pas d’être parfait·e, c’est de t’écouter
Quand on vit avec une maladie auto-immune, tout ce qui nous pousse à forcer, à en faire trop, à rester en tension constante… finit toujours par se retourner contre nous. Le cortisol est un formidable allié, mais il peut devenir un ennemi silencieux s’il est trop sollicité.
Ce que je veux que tu retiennes aujourd’hui, c’est ça :
- Tu peux alléger ton quotidien sans rien sacrifier à ton plaisir.
- Tu peux faire le choix de l’apaisement, sans culpabiliser de ralentir.
- Tu peux cultiver des habitudes qui te nourrissent vraiment, sans devoir tout bouleverser.
Alors pose-toi cette question en toute honnêteté : qu’est-ce qui, dans ton quotidien, te stimule mais te vide ?
Et quelle petite action peux-tu mettre en place dès aujourd’hui pour ramener un peu plus de douceur dans ta journée ?
Je te laisse y réfléchir… et si tu veux aller plus loin, je t’accompagne avec des outils concrets pour soutenir ton énergie, apaiser ton système nerveux et reprendre le pouvoir sur ton bien-être.
Merci pour cet article enrichissant.
On rentre facilement dans un cercle vicieux où les mauvaises habitudes deviennent néfastes pour notre bien-être. Mettre des mots pour rendre conscience de ces symptômes, réveils nocturnes, irritabilité est important pour réajuster notre mode de vie.
Je découvre les bains chauds aux sels d’epsom à tester
Merci Caroline pour cet article à la fois éclairant et percutant
Tu vas droit au but, sans dramatiser, tout en mettant en lumière ces habitudes insidieuses qui, mine de rien, affectent notre bien-être sur le long terme. L’inflammation chronique est en effet souvent silencieuse, mais elle pèse lourd dans la balance de la santé physique, émotionnelle… et même hormonale.
Merci pour cette belle synthèse, utile et pleine de bon sens
C’est exactement ce que je cherche à transmettre : de la clarté, sans dramatiser, mais sans minimiser non plus. Ces petites habitudes du quotidien qu’on banalise peuvent faire toute la différence… dans un sens comme dans l’autre. Ravie que l’article t’ait parlé et qu’il puisse t’être utile.
Apprendre à revenir au calme pour recharger vraiment ses batteries, c’est un vrai changement de paradigme. Tout comme savoir reconnaître les signaux d’un cortisol trop élevé avant qu’il ne prenne toute la place. Et ce n’est pas si simple : on a vite fait de rester enfermé dans un cercle sans fin, à enchaîner sans jamais lever le pied.
Se forcer à prendre du recul sur ce qu’on fait, à ralentir consciemment, c’est parfois le seul moyen de retrouver un peu de clarté… et de sérénité.
Ton article tombe à pic pour rappeler à quel point le calme est une clé précieuse – et qu’il mérite d’être cultivé autant que l’énergie.
Merci beaucoup pour ton commentaire.
C’est exactement ça : on croit souvent qu’il faut “faire plus” pour aller mieux, alors que c’est souvent l’inverse. Apprendre à ralentir, à écouter ces fameux signaux du corps (ceux qu’on ignore trop longtemps), c’est une vraie rééducation intérieure.
Et encore une fois, tu touches là où ça fait mal Merci Caroline pour cet article utile. Un bon rappel aux bonnes pratiques à avoir pour prendre soin de soi.